ROMAN M alias A9

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Sitôt la porte poussée, une fille au longs cheveux bruns lui saute au cou, l'entraîne par la porte de droite et lui montre le lit. "Décidemment la chance a bien tourné" se dit-il en s'allongeant sur le dos.
Contre toute attente, la fille ne vient pas le rejoindre sur le lit. Elle reste figée dans l'embrasure de la porte, le regard étrangement vide, très dérangeant.
Il avait espéré il ne sait trop quoi. Une nuit d'amour torride, sans doute.
Antoine était fatigué mais l'occasion de faire l'amour à une parfaite inconnue qui vous saute au cou n'est pas de celle que l'on laisse passer lorsque l'on est un homme digne de ce nom.
Et cette fille qui ne semblait pas si disposée que cela à faire l'amour. Non, vraiment, c'était dérangeant. Avait-il pu se méprendre dans ses intentions ?
Normalement, qu'une fille vous saute au cou comme celle-ci l'avait fait est significatif. Antoine était assez perplexe. Il était aussi assez fatigué.
S'il n'était plus question, il aimerait pouvoir dormir. Il n'aurait pas besoin de compter les moutons. Il n'aurait pas besoin que l'on l'en lui dessine.
Seulement, la fille l'intrigait et lui interdisait de se laisser aller complètement à sa fatigue.
Il se redressa sur ses coudes et fixa la fille toujours parfaitement immobile, totalement muette, le regard inexpressif. Il se présenta.
"Moi, c'est Antoine. Comment t'appelles-tu ?"
Silence.
"Bon, se dit-il, c'est une cinglée. Faut pas chercher à comprendre".
Il sortit une Camel de son paquet et chercha son briquet dans les poches de son pantalon de toile beige. Il alluma la cigarette, inspira profondément la fumée et la souffla lentement.
"Qu'est-ce que tu fais ? Pourquoi tu restes comme ça ?".
Silence. Silence embarrassant.
"Tu me comprends ? Tu parles français ?".
Toujours rien.
Il fit sauter sa chaussure gauche du bout de sa chaussure droite et se débarrassa de sa chaussure droite de son gros orteil gauche. Les chaussures churent au sol de planches brutes dans deux bruits sourds. La fille ne sursauta pas. Son regard perdu ne cilla pas.
Antoine avait bien observé. Il jeta le mégot à même le sol et déboucla sa ceinture pour se mettre plus à l'aise. Il ne quittait pas la fille du regard. Elle commençait à l'agacer.
Il la détailla plus attentivement.
Elle n'était pas vraiment belle, finalement. Les longs cheveux faisaient illusion mais ils ne cachaient pas le visage aux traits sévères et marqués. L'ample tunique bleue à festons dorés laissait entrevoir une taille basse et un peu large. Les mains étaient un rien trop potelées. Et ce visage sans sourire, ces yeux sans émotion. Non, elle n'était pas belle. Il n'y avait donc pas de raison pour qu'il la ménage. Son envie de baiser avait disparu. Il se mit en position assise et l'invectiva.
"Qu'est-ce que tu veux ? Tu vas rester là toute la nuit à me regarder ? Casse-toi ! Laisse moi roupiller. Je suis crevé.".
Toujours pas de réaction.
"OK, OK. Ecoute, tu sais ce que je vais faire ? Je vais éteindre la lumière et je vais piquer un petit somme. Tu peux rester debout dans le noir si tu veux."
Et là, Antoine chercha un interrupteur. Il ne le trouva pas et leva les yeux au plafond avec l'espoir de trouver la trace d'un câble électrique conduisant de l'ampoule vers un interrupteur. Pas d'ampoule. La lumière venait bien du plafond, pourtant. Un plafond lumineux mais un plafond pourtant qui respirait la banalité coutumière d'un plafond en vulgaire plâtre.
Mystère.
Antoine se leva, resserra sa ceinture, glissa les pieds dans les chaussures et se dirigea vers la porte. Il venait d'en avoir sa claque de cette comédie. Il allait tenter de retrouver son Cessna. Il avait des couvertures, il avait une radio de bord. Il dormirait à la belle étoile et aviserait demain matin. Il se dirigea devant la fille en ayant bien l'intention de sortir de là au plus vite.
Alors qu'il arrivait à son niveau, une main ferme se posa sur son torse.
On l'empêchait de sortir.
Il tenta de balayer le bras de sa main mais il ressentit une résistance qu'il n'avait pas envisagée. Il empoigna le poignet de la fille et exerça une pression plus importante sans succès. Il n'avait pas imaginé cette force.
Il recula, la fille baissa le bras.

Par Michel

3 possibilités
1) Epuisé, Antoine se couche et parvient à dormir quelques heures. A son réveil, la fille n'est plus là. (arielle)
2) Epuisé, Antoine décide toutefois de ne pas dormir. Au petit matin, la fille s'en va. Il se lève et sort de la maison. La fille n'est plus là.
3) Environ une heure plus tard, un homme apparaît et lui tend un flacon. (shanti )

Environ une heure plus tard, un homme apparaît et lui tend un flacon.
Surprise et soulagement, la femme inquiétante s'était volatilisée.
Tel est le terme exact de ce qui s'était réellement passé. Entre deux clignements d'œil, elle n'était plus là.
Il ne l'avait pas vue sortir, pas vu se déplacer, il restait juste un vide à la place qu'elle occupait.
Tentant de se remettre de sa surprise, il avait vu se matérialiser presque instantanément cet homme qui désormais lui faisait face. L'homme n'avait pas l'air hostile, il se contentait de lui proposer à boire. Antoine saisit le flacon, opina en signe de remerciement, et but.
Qu'était-ce donc que ce breuvage ? De prime abord, cela ressemblait à de l'eau. Incolore, inodore, sans saveur particulière. Mais une fois qu'il eut avalé une bonne gorgée, il douta de son jugement.
Il y avait en arrière goût, une saveur épicée, quelque chose qu'il ne connaissait pas. C'était à la fois agréable et déplaisant. Il leva un œil interrogateur vers l'homme. Mais celui-ci tout comme la femme précédemment, s'était volatilisé.
Lui parvint alors une voix. Une voix douce, calme, patiente. Une voix de femme bienveillante. Elle commença par se présenter : "Je m'appelle Ahila" puis continua sur le même ton.

Antoine s'était allongé. Il écoutait cette histoire contée par cette voix de femme. Il se laissait prendre par elle. Il sentait que son corps flottait, qu'il était dans l'histoire. Elle lui conta l'histoire de son peuple "Les Vivants". Elle lui conta sa vie.
Son peuple était constitué d'hommes, de femmes et d'enfants beaux et souriants. Son peuple existait depuis des millénaires, et était resté "invisible" à la face du monde durant tout ce temps.
Ils se nourrissaient de fruits issus de vergers qu'ils entretenaient avec amour. L'eau dont ils s'abreuvaient était extraite de nappes phréatiques alentour. Cette eau, celle dont avait bu Antoine, était bien particulière.
Ce peuple était actuellement en grand danger. Il était possible qu'il disparaisse à tout jamais si Elle ne trouvait pas son Autre. Elle était la "Passeuse", la "Faiseuse", la "Mémoire". Son rôle était essentiel dans la communauté.
Auparavant, une autre femme l'avait précédée, Amman. Elle était partie, s'était dissoute dans son corps à elle, Ahila.
Ahila ne pouvait continuer d'exister seule, il était nécessaire qu'elle soit accompagnée d'un Autre. Cet Autre devait être un homme qui aurait les qualités requises. Il ne pouvait être issu de la tribu. Il devait venir de l'extérieur.
Ahila avait par le passé tenté d'attirer l'attention d'hommes de passage. D'hommes perdus, à qui elle avait laissé la possibilité de voir le village, qui d'ordinaire était voilé d'une brume impénétrable. Pour ces hommes elle s'était composé un aspect attrayant. Elle était belle. Elle pouvait l'être, tout comme elle pouvait paraître vilaine, ou vieille ou très jeune. Elle avait ce pouvoir de se composer une image au gré de ses besoins.
Pour ces hommes donc, elle s'était présentée sous les traits d'une belle femme. Ces derniers avaient succombé. Elle avait perçu en eux leur bonté et s'était imaginé qu'elle pourrait les guider afin qu'ils développent leurs qualités de sagesse. Mais elle s'était trompée, et avait compris que ce type d'homme ne souhaitait que le plaisir et rien d'autre.
Devant Antoine, elle n'avait pas renouvelé la même erreur, sentant que cet homme possédait une réflexion dont les autres étaient dépourvus, elle n'avait pas perdu son temps en coquetterie, mais avait préféré qu'il fasse l'expérience de sa force.
Quinze longues années s'étaient déjà écoulées depuis la disparition d'Amman, et le temps imparti pour qu'elle trouva son Autre, touchait à sa fin.

Par Shanti

3 possibilités
1) Antoine comprit tout à coup, que cet Autre, tant espéré pouvait bien être lui. Pris de panique, il s'apprêtait à se lever pour s'enfuir. ( Michel )
2) Ahila, fait confiance à Antoine. Elle le laisse se remettre de tout ce qu'il vient d'entendre. Et le laisse choisir.
3) Un bruit fait sursauter Antoine, le flacon qu'il tenait encore en main, vient de se briser au sol, le tirant d'une rêverie bien étrange. (Sax )
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Antoine comprit tout à coup, que cet Autre, tant espéré pouvait bien être lui. Pris de panique, il s'apprêtait à se lever pour s'enfuir.

Ahila s'écarta pour lui signifier qu'elle ne s'opposerait pas à sa fuite. Antoine s'était préparé à devoir faire face à une résistance. Il s'était attendu à devoir forcer le passage, à se battre le cas échéant. Il n'en était rien. Il était libre, libre de partir, libre de fuir, libre d'abandonner Ahila, libre de ne pas se laisser aller à la tentation d'en savoir plus à propos de ce peuple pacifique qui parvenait à vivre dans cet environnement hostile de façon simple et tranquille. Il enviait cela. Il avait rêvé plusieurs fois à une vie plus proche de la nature, des éléments, des choses vraies. La curiosité l'aiguillonait et il ne savait plus, à présent que cela lui était possible, s'il voulait vraiment quitter le village. Il avait été accueilli avec bienveillance par le peuple de Ahila et il savait confusémment que partir devrait se faire à pied. Pour l'heure, il ne connaissait pas sa position. A combien d'heures de marche était-il du prochain village ? Debout à côté de la porte, Ahila offrait un visage digne et résigné. Elle n'allait pas lutter quoi qu'il lui en coûte. Antoine fut touché par ces preuves de sincérité et d'honnêteté mêlées. Il se mit à douter de son intention première et se détendit. Il fixa Ahila et celle-ci lut dans ce regard la curiosité et l'envie d'en savoir plus. Elle ne cilla pas, restant dans la position de celle qui ne cherchera pas à retenir l'homme qu'elle désirait et espérait. Elle savait jouer à la perfection des talents donnés aux femmes. Savoir se faire désirer était un jeu auquel elle avait été instruite par les femmes de son peuple et elle avait été bonne élève. Elle savait que Antoine ne saurait longtemps résister à la tentation, lui qui semblait tant être un homme avec tout ce que cela pouvait amener de faiblesses et de désir d'être aimé. Elle savait combien il était important de savoir se montrer patiente et comment il fallait se montrer distante et détachée. Elle ne fit qu'attendre l'issue qu'elle savait proche autant qu'inéluctable. Elle sentait le regard qui n'en pouvait plus d'envie et elle déchiffrait la posture à présent soumise de l'homme. Il fallait simplement que Ahila donne à penser à Antoine que c'était lui qui maîtrisait la situation et que ça allait être lui qui allait la débloquer. Ce n'était plus qu'une question de minutes. Elle le savait, le sentait au plus profond de sa féminité. Espiègle et un rien mutin, un sourire fit son apparition aux commissures des lèvres de Ahila qui se préparait à porter l'estocade. L'affaire était dans le sac.
Antoine craqua. Il était sous le charme. Amoureux. Il avait envie d'elle. Envie de son corps, envie de son odeur, de la couleur de ses cheveux, de la douceur de sa peau. Il se leva et alla vers Ahila. Ils restèrent longtemps les yeux dans les yeux, yeux qui brillaient d'une chaleur toride, d'un appétit immense. Les doigts s'effleurèrent, les mains se touchèrent, les lèvres se nourrirent les unes des autres. Le couple ne sut comment il se retrouva couché sur le lit. Ni l'un ni l'autre ne garda en mémoire le moment où les vêtements s'envolèrent. Ce fut un chant à l'amour d'une rare intensité. L'un et l'autre s'abandonnaient totalement à leur plaisir propre et laissaient exploser la jouissance enfouie au plus profond d'eux en une extase d'une intensité brûlante. Il fallut attendre que la nuit survienne et que les corps soient épuisés de plaisir pour que les amants acceptent de succomber à la fatigue et s'endorment, enlacés.
Les premiers rayons de soleil de l'aube naissante les trouvèrent intimement liés. Antoine fut le premier à se réveiller et il découvrit des corbeilles de fruits et des coupes de boissons aux arômes envoûtants tout autour du lit. Ahila émit un petit miaulement en se réveillant à son tour. Elle s'étira et attira Antoine à elle pour le couvrir de baisers. « Merci, lui dit-elle ». Et elle sauta du lit pour se jeter sur les fruits et boissons. Elle dévorait littéralement, en riant de ce que Antoine paraisse si étonné. « Viens, viens manger avec moi. ». Antoine accepta l'invitation et participa avec bonne volonté à l'orgie. Les amants inventèrent des jeux. Ils faisaient passer des baies d'une bouche à l'autre à la faveur de baisers rieurs ; ils versaient le contenu des coupes dans la bouche offerte de l'autre. Ils mangèrent et burent beaucoup mais ils s'embrassèrent et se caressèrent bien plus encore.
Une fois repus, ils enfilèrent des vêtements et, main dans main, ils sortirent de la maison. Ils furent accueillis par les applaudissements et les cris de joie de l'ensemble du village.

Michel

3 possibilités

1) A la lumière du soleil, Antoine se rend compte, horrifié, que les habitants du village ressemblent à d'affreux zombies aux chairs en putréfaction. Il se tourne, plein d'incompréhension, vers Ahila qui n'a rien à envier aux membres de son peuple en matière d'horreur indicible. Antoine s'effondre sous le choc.(Shanti )
2) Conduit par Ahila, Antoine se laisse guider à travers la foule. Arrivés devant une femme, Ahila prend la main de Antoine et la met dans la main de la femme. Antoine comprend qu'il a changé de fiancée.
3) Une vieille femme vient vers le couple en portant des pièces d'étoffe richement brodées. Elle les tend vers Ahila et Antoine et dit : « Tu es des nôtres, à présent. » ( arielle )



Une vieille femme vient vers le couple en portant des pièces d'étoffe richement brodées. Elle les tend vers Ahila et Antoine et dit : "Tu es des nôtres, à présent."

Ahila en choisit une et tout sourire, les yeux brillants, elle en vêtit Antoine.
Le village avait pris des allures de fête ce matin là. Elle allait durer jusqu'au soir.
Les habitants avaient revêtu leurs parures de cérémonie. Le visage et le torse des jeunes hommes avaient été enduits de motifs traditionnels peints avec grand soin. Les femmes parées de multiples voiles à sequins faisaient cliqueter leurs bijoux à chacun de leur mouvement. Les sages, les plus âgés du village, portaient en cape la même sorte d'étoffe qu'Antoine.
Il s'ensuivit des danses, des jeux, des joutes. Le peuple des Vivants laissait éclater sa joie. Grâce à la "passeuse" Ahila, il serait bientôt hors de danger.
Antoine et Ahila, main dans la main, assistaient au spectacle. Ils mangeaient, buvaient, riaient. Lui, encore sous le charme de leur nuit fébrile, sentait confusément qu'il perdait tout repère. Peut-être bien qu'il était cet Autre tant attendu, après tout. Peut-être bien que sa vie était parmi ce peuple auprès de cette femme étrange et douce qui avait su le captiver.
"Captif" se dit-il . Je suis en train de devenir captif. Il n'aimait pas cette sensation, il se sentait piégé.
"Il faut que je réagisse. Il faut que je réagisse."
Mais la douceur de la main d'Ahila caressant la sienne le rendait faible. Tout comme l'alcool de fruits macérés embrumait ses pensées. Comment résister à cette douceur, à cette sensualité ? A cette confiance qu'elle lui avait accordée, en l'estimant lui, l'obscur étranger, digne d'être l'Autre.
Âgé de 40 ans, il avait jusque là mené sa vie en limitant les contraintes. Du moins en les choisissant. Il louait son Cessna et ses qualités d'aviateur à divers organismes humanitaires. En ce moment, sans l'accident, il aurait dû se trouver à Tombouctou. Il avait pour mission d'établir un pont aérien entre la ville et un dispensaire de brousse, le temps d'installer ce dernier en transportant le matériel nécessaire. Ensuite, il trouverait un autre contrat. Une vie d'aventures qui lui convenait. Un travail qui lui donnait le sentiment d'être utile tout en restant libre. Il se gardait bien aussi, dans ses relations sans lendemain avec les femmes, de tout attachement affectif. Et là en échange, il ne savait pas trop ce qu'il allait trouver.
Il faisait nuit à présent. La fête battait son plein. La musique montait en puissance, la danse des jeunes hommes n'était que transe. Le chant des femmes, des vibrations aigües crescendo. Contre lui Ahila. Il ressentait la chaleur de ce corps se balançant au rythme de la musique. Chaque frôlement n'était que promesse de jouissance infinie. Il n'était plus que désir d'elle. La tête lui tournait.
Puis, un cri. Le vieil homme, le sage, venait d'être transpercé par une lance. Des silhouettes de cavaliers se dressaient en haut de la dune. La panique s'installa : hurlements, femmes saisissant leurs enfants à la hâte, hommes courant en tout sens pour aller récupérer leur armes dans les maisons." Le peuple des Hautes Plaines", hurla Ahila à Antoine. "Viens, il faut fuir."


3 possibilités

1) Antoine en profite pour semer Ahila et tente de regagner le Cessna dans l'espoir de le faire démarrer. sax ---> roman i
2) Antoine ne veut pas fuir et exhorte le peuple des Vivants à se battre. michel --- >roman H
3) Ahila entraîne Antoine dans un dédale de ruelles jusqu'à une cachette secrète. shanti ---->roman F
23.131 sax  / PAGE 6  23.131.1 michel / PAGE 7
Antoine en profite pour semer Ahila et tente de regagner le Cessna dans l'espoir de le faire démarrer.

L'occasion est trop belle. Après tout il ne doit rien au village, même s'il a passé une nuit merveilleuse avec Ahila ce n'est pas une raison pour s'y enchainer.

Le Cessna est apparemment intact, la tempête n'a laissé aucune trace. Il doit néanmoins faire une inspection détaillée avant d'essayer de décoller. La pleine lune lui fournit un éclairage suffisant pour ces première vérifications, il n'a pas besoin d'aller trop dans les détails. Il commence par le moteur, il nettoie les courroies, vérifie tous les niveaux, tout va bien.

Il continue par l'hélice, les pneus, les ailes, bref tout ce qui se voit. Il est un peu anxieux et retarde le plus possible l'instant de pénétrer dans le cockpit.
Satisfait de son inspection extérieure, il ne se trouve plus de bonne raison et grimpe aux commandes.

Là encore, tout est en parfait état. C'est vraiment trop beau pour être vrai, il n'y a même pas un grain de sable sur le siège.
Il essaye le démarreur électrique, rien. la batterie est complètement à plat.
Ce n'est pas trop grave, il a un de ces modèles qui peuvent encore démarrer à la main. Il descend, va pour tourner l'hélice. Rien. le moteur fait quelques hoquets et s'arrête.

C'est un peu ce qu'il craignait, le cicuit d'allumage a dû souffrir. Il va devoir le démonter, le nettoyer et espèrer que ça marche. Heureusement tout est parfaitement accessible dans le moteur, il démonte sans problème le faisceau, accède aux bougies, trouve le tout rempli de sable. Il doit nettoyer méticuleusement et, pour ça, la lumière lunaire est insuffisante.

Il décide donc de démonter au maximum puis d'attendre que le jour commence à se lever. Il en profitera pour se reposer une paire d'heures.

3 possibilités

1) Dès que la lumière est suffisante, il nettoie son circuit électrique, remonte tout est lance l'hélice. L'avion démarre sans problème, Antoine se met aux commandes, décolle et s'éloigne rapidement. michel ----> roman J

2) Dès que la lumière est suffisante, il nettoie son circuit électrique, remonte tout est lance l'hélice. Rien. arielle ( 23.131.2 ) roman i

3) Alors qu'il vient de s'allonger, Ahila vient le rejoindre. La bataille est terminée, le peuple des Hautes Plaines a massacré tous les hommes valides. La tradition du village est que, dans ce cas, le premier homme rencontré doive engrosser toutes les femmes du village en âge de procréer.


Au tableau de bord, l'aiguille du niveau de carburant indique au mieux une autonomie de deux heures. Selon la position du soleil et l'heure, Antoine parvient à se répérer tant bien que mal. Il déplie la carte de la région et calcule qu'il devrait pouvoir atteindre l'aéroport de Tamanrasset si les conditions de vol restent favorables. Il ne pourra pas prévenir de son approche, sa radio est hors service. Il avisera. Pour le moment, il est déjà bien heureux d'être parvenu à s'extirper de cette histoire de fous. Il s'est calé à une altitude et à une vitesse idéales pour ne pas trop consommer d'essence et il guette la boussole. Au loin, il pense voir les monts du Hoggar. Si ce sont bien eux, il est sur la bonne route. Il lui suffira de trouver un point remarquable pour mieux trouver son chemin. Le soleil est à présent tout à fait levé et la chaleur gagne l'intérieur du cockpit. Antoine regrette de ne pas avoir pris le temps de prendre une provision d'eau mais dans moins de deux heures il pourra boire au comptoir de l'aéroport.
Cette fois, il en est bien certain, c'est le pic du Tahat qu'il aperçoit devant lui. Il file vers le sud et il lui faut bifurquer légèrement vers l'ouest pour retrouver Tamanrasset. Par contre, il va devoir choisir entre contourner le plateau ou passer par dessus. Il calcule vite ce qui lui permettra d'économiser au mieux sa réserve de carburant et choisit le contournement. En cas de nouvelle panne, il aura moins de problème pour atterrir. Il négocie un léger virage et tient le cap du sud- sud ouest.
En moins d'une heure, il peut voir une route qui doit être celle de Tamanrasset. Il n'y a plus qu'à la suivre. Elle file vers le sud est. Tamanrasset n'est plus très loin. Il descend légèrement et il s'amuse à suivre un convoi de Land Rover qui évoluent sur une piste. Il doit rester une centaine de kilomètres à tout casser. C'est l'affaire, au grand maximum, d'une petite demi heure. Un petit tour d'inspection des cadrans et voyants indique que tout va pour le mieux. Antoine est serein.
Au-dessus de lui, un avion passe en grimpant dans le ciel. Les pistes ne devraient pas être bien loin, à présent. Antoine échafaude son plan d'atterrissage. Faute de radio, il va se faire repérer en faisant un tour à vide au-dessus de la zone et indiquer son intention en survolant une piste libre. Le trafic aérien ne doit pas être assez important pour que son arrivée perturbe trop la tour de contrôle. Après, c'est sûr, il faudra qu'il s'explique avec les autorités. Ça ne l'inquiète pas outre mesure.

Antoine arrête le moteur et dégrafe sa ceinture. Il saute du Cessna et attend le 4x4 de la police de l'air qui vient vers lui toutes sirènes hurlantes. Il a préparé ses papiers, son plan de vol et des explications. Le véhicule s'arrête à quelques mètres de lui dans un nuage de poussière et un crissement de freins. Deux hommes armés sortent et braquent leur fusil mitrailleur vers lui. Le chauffeur descend à son tour. C'est un gros bonhomme affublé d'un uniforme et d'une casquette qui semblent trop petits pour lui. Il est en sueur et paraît être le plus gradé des trois. Il s'approche de Antoine en forçant un air sévère et officiel. Par instinct, Antoine a levé les bras et montre bien qu'il n'est ni armé ni animé de mauvaises intentions. Il affiche un sourire de circonstance, lui aussi légèrement forcé et surjoué. Le militaire s'adresse à lui en aboyant une sorte d'arabe algérien et Antoine lui répond en français. Il dit qu'il est Français, que la radio de son appareil est en panne et qu'il n'a presque plus de carburant. Il ne reçoit qu'un nouvel aboiement en réponse. Il sent que les propos ne sont pas nécessairement des paroles de bienvenue et le rapprochement des deux hommes armés lui font penser qu'il n'en a peut-être pas terminé avec les explications.
On l'attrape par le col de la chemise et on le pousse dans le 4x4. Un des deux hommes armés s'assied à côté de lui tandis que l'autre prend place à l'avant en se tournant de manière à l'avoir dans sa ligne de mire. Le gros gradé reprend le volant et démarre violemment en lançant la sirène vociférante. Direction les bâtiments de la tour de contrôle.

On lui passe les menottes et on le conduit sous bonne escorte dans les étages jusqu'à une pièce sans fenêtre meublée d'une table métallique fixée au sol et de quelques tabourets en plastique et éclairée par un tube fluorescent en fin de vie. On lui intime l'ordre de s'asseoir et on l'attache à un pied de la table avec l'un des bracelets des menottes. On laisse un garde armé le surveiller et on sort de la pièce en refermant la porte avec violence. Antoine entend le gros militaire aboyer des ordres en s'éloignant. Une dizaine de minutes plus tard, le gros militaire revient accompagné cette fois-ci de trois autres personnes parmi lesquelles se trouve une femme à l'âge incertain et à l'air sévère engoncée dans un uniforme informe. Il comprend rapidement qu'elle sera l'interprète. Sans se présenter, sans ménagement, dans un français hésitant, elle lui demande ce qu'il fait là, d'où il vient, quelles sont ses intentions, qu'est-ce qu'il transporte. Elle ne laisse pas vraiment le temps à Antoine de s'expliquer et semble donner des réponses elle-même. Antoine demande s'il peut avoir un verre d'eau et on ne semble pas l'entendre. L'un des hommes arrivés avec le gros militaire s'approche d'Antoine et le menace d'un pistolet automatique qu'il appuie sur sa tempe en criant des questions auxquelles il ne comprend rien. L'interprète lui repose les mêmes questions que précédemment en ajoutant celle de savoir s'il fait partie d'un réseau terroriste. Antoine a vraiment peur, maintenant. Il crie que non, qu'il est juste un convoyeur d'avions, qu'il se rendait à Gao pour livrer le Cessna, qu'il a eu un problème technique, qu'il est tombé en panne, qu'il a atterri dans un village où il a failli mourir, où les habitants ont été victimes d'une attaque meurtrière. La traductrice rapporte ses propos qui ne paraissent pas satisfaire les hommes.

Et soudain, une énorme explosion fait vibrer le sol et les murs de la pièce. Deux hommes sortent et reviennent rapidement en pointant leurs armes sur Antoine. Ils gueulent des propos, ils s'adressent à Antoine en criant et en faisant des gestes nerveux. La femme, le visage grave et plein de haine se tourne vers Antoine et lui explique que l'attentat est raté, que l'avion du Président n'a été que faiblement touché par l'explosion et que Antoine est dans la merde jusqu'au cou.

Trois propositions

1/ Antoine comprend que l'on s'est joué de lui et que l'on lui a laissé croire qu'il allait pouvoir fuir alors que l'on a tout fait pour l'amener à s'en aller avec son appareil chargé d'une bombe.
2/ Antoine ne comprend rien à ce qui se passe et demande à parler à son avocat et à un représentant de l'ambassade de France.
3/ Antoine est conduit à la prison de Tamanrasset. Il ne sait pas ce qui l'attend mais espère pouvoir s'expliquer. shanti


23.131.1 / PAGE 8  shanti
Antoine est conduit à la prison de Tamanrasset. Il ne sait pas ce qui l'attend mais espère pouvoir s'expliquer.

Il arrive à la prison toujours menotté, encadré de deux soldats armés. On lui retire sa montre-bracelet, la ceinture de son pantalon, ses chaussures ainsi que sa médaille de St Christophe, dont il ne se sépare jamais (cadeau de sa bonne marraine à l'occasion de son entrée dans l'aviation). Puis, après lui avoir ôté ses menottes, on le pousse vers une cellule occupée par un jeune algérien. La grille se referme dans un grincement lugubre, et c'est le silence.
Antoine s'assied sur la couchette qui semble lui être réservée, l'autre étant occupée par le jeune homme, qui n'a pas daigné lever ne serait-ce qu'un sourcil à son entrée.
« Mais qu'est-ce que je fous ici ? ».
Sachant bien que pour l'instant il n'obtiendra pas de réponse, le mieux qu'il ait à faire est de s'allonger et de laisser venir.

Quelques heures ont passé. Il entend l'appel à la prière de la mi-journée. Son codétenu n'a toujours pas bronché, mais il se lève maintenant et entame ses dévotions.
Il n'est pas le seul, les murs tout autour renvoient des centaines de voix murmurant les sourates. Bien que n'étant pas pratiquant, ces prières ont pour effet d'apaiser Antoine qui se laisse bercer par le rythme des récitations.
Peu à peu le soleil s'est couché, il perçoit les premières étoiles par les barreaux de la fenêtre. Un bruit dans le couloir, deux hommes approchent. C'est la gamelle. Au menu une soupe de pois-chiche accompagné d'une galette de blé servis dans des bols en plastique, un broc d'eau (également en plastique) et deux gobelets composent leur repas du soir.
Antoine mange en silence, l'autre n'a toujours rien dit. Pas un regard non plus.
Le repas terminé. Un besoin de toilette se fait sentir. C'est le plus pénible dans cette promiscuité. Au fond de la cellule, une sorte de paravent protège l'intimité.
La prison, comprend Antoine, c'est une succession d'humiliations. Mais il doit tenir bon, il ne va pas craquer, surtout pas devant cet homme silencieux. Il ravale sa peine et sa douleur. Se couche et malgré son désespoir finit par trouver le sommeil.
Voici déjà trois jours qu'il est là, trois jours qui se suivent et malheureusement se ressemblent trop. Trois jours sans parole, l'autre n'a toujours pas ouvert la bouche, et Antoine, n'est pas décidé à entamer une conversation. Durant ces trois jours, il a pourtant essayé de communiquer avec les gardiens. Leur demandant s'ils parlaient français, puis essayant de se faire comprendre pour réclamer un avocat ou un interprète. Mais rien, il ne s'est rien passé. Et il est là, à croupir dans cette cellule, lorsque la grille s'ouvre sur un soldat qui lui fait signe de le suivre.
Aussitôt franchit le seuil de la cellule on lui passe les menottes. Puis il est conduit dans une salle où visiblement il va subir un interrogatoire.

3 possibilités :

1 – Antoine n'en croit pas ses yeux, au centre de la pièce … Ahila. sax ( roman J)
2 – On lui fait signe de s'asseoir, un interprète se présente. Il est là pour écouter son histoire, la retranscrire aux autorités. Antoine sent un espoir monter en lui.
3 – Antoine entre dans la salle, il se retrouve confronté avec trois autres détenus, également accusés d'avoir commandité l'attentat, et de ce fait ses complices. Les trois hommes hochent la tête à son entrée, signe qu'il le reconnaissent comme commanditaire. michel
23.131.13 / PAGE 9 MICHEL
Antoine entre dans la salle, il se retrouve confronté avec trois autres détenus, également accusés d'avoir commandité l'attentat, et de ce fait ses complices. Les trois hommes hochent la tête à son entrée, signe qu'il le reconnaissent comme commanditaire.

— Oui, oui. C'est lui, confirme l'un des hommes.
— C'est bien lui, oui, dit un autre.
— Pas de doute, c'est lui, termine le troisième.
Antoine proteste. Il ne connaît aucun de ces trois hommes qu'il voit pour la toute première fois. Il se débat, il crie, il veut que l'on lui explique. Il est innocent, il n'a rien à voir avec tout ça, c'est un complot, une machination. Il réclame un avocat, l'ambassade de France. Il peut tout expliquer depuis le début. Depuis son envol jusqu'à la panne et son redécollage jusqu'à son arrivée ici. Il raconte son métier de convoyeur d'avion. Il veut que l'on le laisse parler, que l'on lui laisse la possibilité de se défendre.
Au lieu de ça, il reçoit un coup de crosse à la tempe. Il tombe. Il sent le sang couler. Il a mal. Ça tambourine sous le crâne. Il serre les dents et ferme les yeux. Très fort. Sans ménagement, il est attrapé sous les aisselles et redressé. Des ordres sont criés et Antoine est emmené hors de la pièce. On le tire et le pousse à travers un dédale de couloirs sombres, on lui fait dévaler des escaliers dans lesquels il manque à plusieurs reprises de s'étaler, on l'engueule, on le menace, on lui fourre des canons de fusil-mitrailleur dans les côtes. On arrive au bout d'un couloir étroit et sombre qui pue l'humidité et le moisi devant une porte en fer rouillée. Trois coups de crosse sur la porte et une courte attente. Un bruit de clé qui martyrise une serrure et la porte qui s'ouvre dans une plainte grinçante. On le pousse. Les bras entravés, Antoine ne peut éviter la chute. Il s'écrase au sol après avoir raté la marche. Il sent son nez éclater sur la surface dure du sol en béton grossier. Il pousse un gémissement et déjà on le frappe à coups de pieds dans les côtes et dans les bras. Il se contorsionne, parvient à se mettre à genoux, se redresse. Deux autres hommes l'ont pris en charge. Ils ne sont pas plus doux que les précédents. Les couloirs continuent à se suivre et à se ressembler. A intervalle régulier, des portes qui ressemblent à autant de portes de cellules. On tourne à droite, à gauche, on marche et on arrive devant une porte. L'un des deux hommes sort un immense trousseau de clés, peine à choisir la bonne et ouvre la porte. Antoine est littéralement projeté dans la cellule. Il manque encore se casser la gueule.
Au mur, à mi-hauteur de cette pièce de deux mètres sur deux dans laquelle il a presque du mal à tenir debout, une faible lanterne grillagée dispense une lueur sale. Pas le moindre meuble, pas de lit. Rien. Antoine appuie le dos à un mur humide et sale et se laisse descendre. Il sent les larmes arriver et ne lutte pas. Il sanglote en silence.
Impossible de dire combien d'heures il reste ainsi, prostré dans cet espace clos. Ça lui semble des heures. De nombreuses heures. Peut-être une journée ou plus. Il a mal, il a faim et soif. Il s'est pissé dessus et il a le moral au plus bas. Jamais il n'a connu une situation aussi désespérée, Antoine. Il n'a que des pensées morbides, pense en finir. Mais que peut-il faire les mains liées dans le dos ? Il se sent s'effondrer chaque minute un peu plus. Il n'est plus capable de réfléchir et il est trop affaibli pour piquer une crise de nerfs. Par instants, la fatigue intense le fait sombrer pour de courts instants dans un sommeil qui ne doit pas durer plus de quelques minutes. Il se réveille en sueur, coucher sur le côté, le nez dans l'urine. La peau du visage le tire. Le sang coagulé, sans doute.
Des pas approchent. Un bruit de clé. La porte s'ouvre. Deux hommes entrent et lui disent quelque chose qu'il ne comprend pas. Des coups de pieds et de crosse. Se lever. D'accord. Compris. Les jambes ont du mal à le porter et à avancer. On le pousse, on lui crie après. On le guide à coups de canons dans le dos. Un coup à droite, il tourne. Deux coups au centre, il continue tout droit. Une nouvelle porte. En bois râpeux, épaisse, en planches grossières et disjointes. Une odeur âcre et acide. La porte s'ouvre, on pousse Antoine à l'intérieur d'une pièce à la lumière trop forte, trop froide. Des murs d'un blanc sale, un vieux bureau de fonctionnaire, une fauteuil de bureau déchiré, une chaise en bois. On le fait s'asseoir sur la chaise. Les deux hommes s'écartent et un autre, en blouse prétendument blanche se laisse tomber dans le fauteuil qui gémit légèrement. Il doit avoir la cinquantaine. Le sommet du crâne dégarni, les tempes grisonnantes, des lunettes à monture dorée qui encerclent des verres qui grossissent bizarrement des yeux noirs et inexpressifs. Sa main droite saisit un crayon à papier mordillé et attrape un formulaire dans un tiroir. Dans un français hésitant, il demande son nom, son prénom et sa date de naissance à Antoine. Epuisé, celui-ci murmure les renseignements. Un coup de crosse. Il répète plus fort. On lui demande d'épeler son nom. Il épèle. C'est tout. Le formulaire est glissé dans une chemise. L'homme se lève. Il donne des ordres. On attrape Antoine et on l'emmène vers un fauteuil de dentiste.
A cet instant, Antoine comprend où il est. Salle de torture. On va le faire parler. On va vouloir qu'il dise ce que l'on veut entendre de sa bouche. Il n'a rien à dire. Il voudrait hurler mais il n'en a plus la force. Il est résigné, épuisé, détaché de tout. Il espère que tout cela va finir rapidement. Il ne craint plus la mort mais a toujours peur de la souffrance. Il est prêt à avouer tout et n'importe quoi. Ce qu'il sait et ce qu'il ignore. Il a envie de chier. La peur sans doute. Il se raccroche à ça. Ne pas perdre sa dignité. Mourir oui mais mourir digne.
Il est sanglé avec de solides courroies en cuir qui montrent qu'elles ont déjà été souvent utilisées. Le tortionnaire est tourné vers une servante à choisir ses instruments de travail parmi les outils d'origine médicale comme les pinces ou crochets de dentiste, les seringues et les écarteurs et autres scalpels, ou d'origine plus basiques comme des lames de rasoir, des tenailles... Il prend son temps. Il ménage ses effets en bon professionnel. Il attrape un tabouret à roulettes et se place juste en face de Antoine.
— Vous comprenez ce que l'on va faire ici vous et moi monsieur Antoine, n'est-ce pas ?
Antoine se contente de hocher la tête
— Vous parlez et vous échappez à la torture ou vous parlez pas et...
— Que voulez-vous que je vous dise ? Crie presque Antoine d'une voix pleine de désespoir ?
L'air désolé et en dodelinant de la tête, le tortionnaire se rapproche de Antoine en promenant un scalpel de droite à gauche devant ses yeux.
— Mauvaise réponse. On va essayer une autre méthode. Vous serez sans doute déjà plus coopératif.
La lame se plante dans le muscle de l'avant-bras de Antoine tout doucement, millimètre par millimètre. Antoine hurle tout ce qu'il peut. La lame se retire. Sans parler, juste en haussant légèrement les sourcils et en donnant un petit coup de menton, le tortionnaire repose la question.
— Je ne sais rien. Je suis innocent. Pitié !
La lame entaille le bras à un nouvel endroit. Nouveau hurlement. Une nouvelle fois, Antoine est invité à parler.
— Je ne sais rien !
— A votre guise. Vous craignez l'électricité, monsieur Antoine ?
L'homme va chercher un petit chariot qui porte un bricolage électrique réalisé avec une batterie, une bobine d'allumage et deux pinces. Il passe des gants de caoutchouc et déchire la chemise de Antoine avant de placer les deux pinces sur les tétons du supplicié. La sueur au front, Antoine sert les dents.
Un regard interrogateur, une moue désolée et l'homme établi le courant. Antoine se raidit dans le fauteuil dans une grimace contractée. Il n'a pas le temps de reprendre son souffle que déjà une nouvelle décharge électrique parcourt son corps. Il ne peut plus hurler, il suffoque, il est au bord de l'évanouissement.
— Vous parlez, maintenant ?
— Je n'ai rien à dire, souffle Antoine.
— Dommage... pour vous !
L'homme se lève, va dans un coin de la pièce et se sert un verre d'eau qu'il boit avec contentement tout en observant Antoine.
— J'espère que ces amusements vous auront mis en appétit. Nous allons passer au plat de résistance, maintenant. Et je peux assurer que vous parlerez.
L'homme n'a pas posé son verre qu'une déflagration fait voler en éclats le mur auprès duquel il se trouvait. Il est déchiqueté et sa tête vient rouler aux pieds d'Antoine qui, par réflexe, tente de relever les jambes.
Les deux militaires n'ont pas le temps de mettre leurs armes en joue qu'un tir de feu les crible de partout. Ils s'écroulent sans dire un mot.
Dans la poussière, des hommes surgissent dans la pièce et on s'occupe de libérer Antoine.

Trois possibilités :

1) Antoine est libéré et conduit sous bonne escorte jusqu'à un véhicule.
2) Antoine est libéré mais déjà des militaires entrent dans la salle de torture et tirent sur tout ce qui bouge, tuant tout le monde sauf Antoine qui parvient à s'échapper par la brèche.
3) Antoine outragé, Antoine martyrisé mais Antoine libéré ! Il s'extirpe de la cellule et grimpe dans un puissant 4x4 qui est là pour lui. Au volant, je vous le donne en mille, Ahila !